Jeudi
29 au Samedi 31 Août - Paros
L'odyssée en direction
des Cyclades commence ce jour, avec aucune destination précise
à l'heure actuelle (à voir sur place). Le périple
me fait passer par Munich, non par complaisance personnelle, mais parce
que les dates et heures l'imposaient (pour info, certains sites sur
internet permettent vraiment de faire des bonnes affaires;op) . Les
vols se passent sans problème, il faut dire aussi que la Lufthensa
n'est pas une compagnie charter quelconque (non, non, je n'ai rien contre
elles, mais …) Bref, horaires respectés, accueil agréable
et services de qualité, rien à redire. Et puis, 6 heures
de vol jusqu'à Athènes, il y a pire (Paris - Athènes
se fait en 2 heures). Arrivé à l'aéroport international,
un bus m'amène directement au Pirée en 1 heure. Et là,
un large choix s'offre à vous au niveau des agences et des ferries.
Le circuit a été décidé en cours de route,
Paros en sera la 1ére étape. 5 heures pour s'y rendre
par la mer, prix identique dans les agences (16 €). Le temps et
la température permettent largement de passer la traversée
sur le pont, et les bancs ne sont pas trop inconfortables pour piquer
un petit somme. Paros n'est qu'un arrêt sur la route de Santorin,
aussi, attention à se réveiller à temps (2 français
se sont faits avoir et ont poursuivis leurs routes jusqu'à Naxos,
au moins ...) A 3h00, du matin, il y a peu de "rabatteurs"
pour nous proposer des chambres, et c'est "Philip" qui nous
fait le meilleur prix (20€ la 1ére nuit, 30€ la 2nde,
pour 2 personnes). Chambres correctes dans le centre, et surtout trop
fatigués pour se poser des questions !
Les coqs nous ont accompagnés pour
nous endormir, mais la nuit a été tranquille. Forcément,
le réveil est un peu tardif, et nous ne sommes sur les bords
de mer que vers 14h00. Une visite un peu rapide des quais ne nous apprend
pas grand chose sur la ville et, après un rapide déjeuner,
location d'un scooter pour aller visiter l'île. A 10€ la
journée, cela vaut le coup, les routes sont bonnes et les conducteurs
un peu moins "crazy" qu'à Athènes. Bref, un
bon moyen pour se rendre partout et voir un maximum de choses. Direction
le sud avec tout d'abord Pounta (petite ville sans grand intérêt,
si ce n'est l'aéroport juste à côté), puis
Aliki, charmant petit village de pécheurs, peu touristique, avec
des restaurants de poissons et fruits de mer qui valent le détour
! Et, bien sûr, sur la route qui longe la mer, nombre de plages
"paradisiaques", avec peu de monde à chaque fois. Il
paraît que la grêle est tombée sur Athènes,
mais pas une goutte de pluie par ici. Le soir, retour sur Paros et visite
de la vieille ville ou, plus exactement, de la "old street market",
où les boutiques succèdent aux bars et restaurants, ou
vice-versa. Pas mal d'animation, et quelques bars et boites pour faire
des rencontres.
Direction le nord de l'île le lendemain matin. Cette fois encore,
les paysages que nous longeons sont superbes, et la route empruntée
est en - assez - bon état. Jusqu'à Naoussa, les villages
rencontrés sont typiques, et quelques points en hauteur permettent
d'avoir une bonne vue générale de Paros. On peut toutefois
regretter les ruines et châteaux présentés sur les
cartes, qui n'ont pas le cachet de leurs homologues du continent (cela
fait aussi partie du charme de cette île). Naoussa est la seconde
ville de Paros, un charmant petit port, des ruelles sur plusieurs niveaux
et quelques tavernes accueillantes. Elle vaut le coup d’œil.
Puis direction Marmara - oui, oui, comme en Turquie - et Piso Livadi,
où les amateurs de poissons peuvent se régaler. Peu de
touristes dans le coin, mais le nombre d'hôtels m'incite à
penser que c'est un peu plus bondé pendant la période
estivale. Le retour vers la capitale se fait à travers les montagnes,
via Lefkes. Les moulins et les ruines donnent une autre dimension au
paysage de nuit. Lefkes, quant à elle, ne semble pas avoir changé
depuis des décennies. Toujours autant d'animation sur Paros,
tant sur les quais que dans la vieille ville. D'une façon générale,
les insulaires ne sont pas "speed" : ils attendent le chaland
devant leurs boutiques ou leurs bars, ne sont pas collants, et voient
les journées passer assis confortablement devant la mer. Quelques
pécheurs, beaucoup de commerces et pas mal d'hôtels.
 
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Dimanche
1er au Mardi 3 Septembre - Naxos
Le lever est encore un peu
tardif aujourd'hui mais suffisamment tôt pour aller déjeuner
sur Aliki. Nous avons une moto jusqu'à 16h00, ce qui permet d'aller
voir les coins que nous n'avons pu encore explorer. Et le temps est
toujours au beau fixe, histoire de se faire un bronzage digne des surfeurs
australiens ! Pour la location d'une moto (<125cm3) ou d'un scooter,
il vous faut impérativement un permis de conduire,, mais par
la suite ils ne sont pas regardants sur l'état de l'engin lorsque
vous le rendez ou sur les niveaux, et les prix sont vraiment intéressants
lorsque vous discutez un peu. Puis, direction Antiparos, une île
située à une demi-heure de paros en bateau et pour laquelle
il y a pas mal de navettes. La traversée permet de voir des îlots
presque déserts, et sur lesquels de superbes villas veillent
paresseusement. Sur Antiparos, pas - ou très peu - de voitures,
l'accueil est sympathique et des plages désertes un peu partout.
Elle mérite à elle seule une escale de plusieurs jours,
histoire de se reposer et se remettre d'une vie trop trépidante.
Mais nous n'avons que peu de temps pour la découvrir, et le bateau
nous ramène à 19h00 sur la capitale. Et à 22h00,
c'est le départ pour Naxos, prochaine étape de notre périple.
Paros nous a donné un avant goût agréable de ce
que peuvent être les îles grecques : des coins superbes,
des gens accueillants, un temps et une mer agréables ... et,
peu de touristes à cette saison pour en profiter pleinement.
Bref, le bonheur ! Et le scooter reste un bon moyen de visiter les îles,
surtout si l'on y reste peu de temps. Seul regret, les ruines et châteaux
n'ont rien d'exceptionnel, et Paros n'a que peu de relief. Mais c'est
accessoire. A Naxos, donc, les « rabatteurs »
se ruent sur les touristes pour proposer nombre de chambres au meilleur
prix. Mais c'est surtout en se perdant dans les ruelles que l'on trouve
notre bonheur, à savoir l'hôtel Poséïdon à
25€ la nuit (pour 2). Cadre agréable et intérieur
très sympa. Avant de rejoindre Morphée, petite sortie
nocturne sur les quais où nombres de vacanciers sont attablés,
grecs pour la plupart. Mais il est vrai que c'est dimanche aujourd'hui,
les gens sont de sortie.
La nuit a été
un peu dure, entrecoupée par les scooters et les voitures assez
régulièrement. "Quartier libre" ce matin, histoire
de vaquer à ses occupations et de se reposer de tous ces transports.
J'en profite pour aller visiter la ville, et plus particulièrement
le kastro, vieux quartier du 14 ou 15éme siècle. Une église
catholique - rare dans le pays -, un château et son musée,
et une vue ouverte sur la ville en contrebas. Les ruelles se suivent
mais ne se ressemblent pas, et on comprend mieux le mythe du Minotaure
et de Dédale, originaire de cette île, qui lui a construit
son labyrinthe (et père d'Icare, qui s'est brûlé
les ailes ...) Mais on retrouve toujours son chemin, et on prend plaisir
à se perdre dans la ville. Dés que l'on approche du port,
les restaurants, bars et commerces réapparaissent. Pas mal de
monde - plus qu'à Paros -, mais la capitale est la seule ville
importante de l'île, et la proximité des plages et hôtels
y est aussi pour quelque chose. Location d'un scooter pour se rendre
dans le sud de l'île ; succession de plages et criques plus ou
moins désertes, mais très peu d'habitations sur la côte.
Une seule route - la principale - est en bon état, les autres
ne sont que des chemins plus ou moins bien entretenus. Et cette route
se termine sur des ruines de quelques années, le fantôme
d'un hôtel club qui n'a jamais vu le jour, dans un emplacement
de rêve. Mais je suppose que l'on trouve les mêmes en Corse
... Le soir, pour dîner, nous restons sur la capitale. Je déconseille
fortement les restaurants en bord des quais - cher et pas de qualité
- et au contraire conseille d'aller dans les ruelles dénicher
une taverne où la cuisine est typique et l'ambiance conviviale.
Pas mal d'animation si on reste dans le centre, mais de nombreux grecs
sont repartis ce matin sur le continent. Et, tel un veilleur à
l'air assoupi, la porte d'Apollon indique aux marins égarés
l'entrée du port, et ne se montre dans sa splendeur que la nuit
venue.
Le lendemain, direction l'intérieur
de l'île. Là-encore, la route principale est en bon état
mais, dés que l'on sort des sentiers battus, cela se corse !
Quelques ruines, châteaux et monastères sont présents
dans le coin mais, entre les différents guides, cartes et noms
grecs et anglais, il est souvent difficile de se repérer, le
plus simple est de faire confiance à son intuition. Le loueur
de la moto - un allemand installé sur l'île depuis quelques
années - nous a indiqué les coins à voir et les
points de vue à ne pas manquer, et certains valent vraiment le
coup d’œil. Les châteaux sont en assez bon état
- mais ressemblent plus à de simples tours qu'aux châteaux
de la Loire - et les églises sont nombreuses et typiques (du
moins telles que je m'attendais à les trouver). Filoti est un
village situé au centre de Naxos, où séjournent
pas mal de touristes, l'île étant réputée
pour ses sentiers de randonnée. A voir dans le coin, la grotte
de Zeus (3 km de bitume et 2 dans les montagnes) où le Dieu des
Dieux a séjourné, ou vécu, ou bien est né,
je ne le sais pas exactement. Pour la visiter, être équipé
d'une bonne lampe et de chaussures tout terrain, le sol étant
très glissant. Un seul regret, il faut souvent emprunter la route
pour récupérer les sentiers, aussi la moto ou le scooter
reste le meilleur moyen de découvrir toutes les richesses de
l'île. Mais il y a toujours le risque de tomber en panne (fait),
ou de prendre quelques gamelles (fait aussi). Au moins, vous ne tomberez
pas en panne d'essence, les stations services étant relativement
nombreuses sur l'île. Retour sur Chora, la capitale, qui reste
quand même le coin le plus animé de Naxos, du moins si
on souhaite avoir une activité nocturne le soir !
 
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Mercredi
4 au Vendredi 6 Septembre - Ios
Notre groupe s'est enrichi
de 2 Nantaises rencontrées hier sur la route. Nous passons donc
de 2 à 4 pour aller visiter Apollonas. Un peu moins d'1 heure
30 pour faire 40 km par la route côtière, c'est pas un
nouveau record de vitesse, mais à notre décharge un scooter
un peu poussif, des côtes ardues et des sentiers en piteux état
... et puis on profite ainsi davantage du paysage ! La ville vaut le
détour, et les plages sont toujours agréables. Pas mal
de bus desservent Apollonas - en passant par l'intérieur de l'île
- mais pas beaucoup de monde pour autant. De la même façon,
les hôtels et pensions sont aux 3/4 vides dés la fin du
mois d'août, ce qui permet de discuter les prix plus facilement
... Sur la route du retour, arrêt obligé au monastère
Moni Panagias : situé sur la côte, il abrite une quinzaine
de cellules et subvient à ses propres besoins avec son jardin
et son troupeau. Et la visite est possible, tant que l'on respecte leur
intimité. L'église orthodoxe occupe une place très
importante en Grèce - et sur ses îles - avec une population
à 90% pratiquante. Elle est étroitement liée au
pouvoir politique et assez riche (immobilier, terrains bénédictions
payantes. Arrivés en vue de Chora, le soleil se couche dans l'encadrement
de la porte d'Apollon, et plonge la ville dans une douce lumière
dorée. Puis, avant de prendre le ferry pour Ios, arrêt
de rigueur dans les tavernes pour déguster un dernier cocktail
et une salade grecque rafraîchissante. Naxos nous a moins ...
emballé que Paros, peut être parce que toute l'activité
est centralisée sur la capitale, mais aussi parce que l'île
nous semble moins typique. Mais elle reste agréable pour ceux
qui veulent faire de la randonnée, et alterner la mer et la montagne.
Arrivés sur Ios, toujours quelques propriétaires pour
nous vanter les mérites de leurs pensions. Les discussions se
font plus fermes, mais on arrive à avoir une chambre pour 3 nuits
à 50€. Les hôtels sont éloignés du port,
et mieux vaut s'occuper de son logement dés son arrivée
du ferry, sans quoi vous pouvez passer pas mal de temps à les
chercher, à pieds.
Journée découverte
aujourd'hui, pour voir à quoi ressemble cette île. Pas
mal d'hôtels dans le village, et peu de grecs en comparaison.
Nous descendons sur Milopotas, la plus grande plage du coin, avec le
secret espoir d'y louer un bateau pour faire le tour de Ios. Hélas,
aucun magasin n'accepte de d'en louer : pédalo, planche à
voile ... pas de problème, ski nautique et taxi boat pas de malaise,
mais pas seuls. Un endroit incontournable sur l'île, le Far out
camping, plus grand camping de Ios avec 2000 places disponibles (oui,
oui, 2000 !) avec piscine, bars, discothèque ... bref, de quoi
lézarder et faire la fête sans trop bouger. La journée
se poursuit à un rythme peinard, bronzage, baignade et cocktail
avachi sur une chaise longue. Mais c'est le soir que Ios la permissive
se réveille, et dés 19h00 les bars commencent à
s'ouvrir dans le village, et les anciens laissent la place libre. Les
touristes sortent alors de tous les coins pour faire la noce jusqu'à
4 ou 5 heures du matin (très peu de grecs, même chez les
serveurs et serveuses, avec une moyenne d'âge de 20 ans). Je n'imagine
pas ce que cela doit être en pleine période estivale ...
mais l'ambiance est bonne, pas de gros bœuf à l'horizon,
et les contacts sont faciles ... mais c'est sûr, ce n'est pas
à 8h00 qu'on va se lever demain !
Un instant de recueillement
nous a semblé approprié aujourd'hui pour nous rendre sur
la tombe d’Homère. En effet, la légende veut que
l'illustre auteur de l'Odyssée la plus connue soit arrivé
sur l'île et, comme le voulait la coutume, les habitants lui ont
posé une énigme. Devant son incapacité à
la résoudre, il a été mis à mort, et enterré
sur l'île. C'est donc avec beaucoup de courage et une pointe d'humilité
que nous prenons les sentiers qui doivent nous entraîner sur ses
traces. Mais la soirée s'est poursuivi un peu tard hier soir,
et ce n'est que vers 11h00 que l'on chausse nos chaussures. Et la tombe
est située sur la pointe Nord de l'île à ... plusieurs
km, aussi, c'est plus une balade tranquille à travers Ios qu'une
randonnée pure et dure, qui nous permet cependant de voir pas
mal de coins sympathiques dans les montagnes, et trouver une taverne
au milieu de nulle part. La propriétaire range tout pour partir
en vacances, mais nous offre généreusement de quoi nous
rafraîchir. Bien qu'originaire de l'île, elle aimerait partir
et s'établir ailleurs, car les touristes sont aussi présents
l'hiver que la pluie le reste de l'année, autrement dit, Ios
est agréable à visiter, mais y vivre est une autre histoire
... Elle refuse de nous faire payer les consommations, mais notre échange
est très agréable, pour elle comme pour nous, et nous
reprenons la route frais et dispos. Puis retour sur la capitale, et
fin de journée tranquille au bord de l'eau. La nuit est moins
animée que la veille, mais il s'agit de ne pas manquer le ferry
de demain (à 10h00) pour Milos, car c'est le seul de la journée.
2 types de liaisons maritimes, les ferries et les hydroglisseurs, les
premiers étant moins chers et moins rapides que les seconds.
Il est assez facile de se rendre d'île en île avec les uns
ou les autres, il faut juste avoir les horaires en poche, et une idée
d'où l'on va !
 
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Samedi
7 au Mardi 10 Septembre - Milos
Il est vrai que le "high-speed"
porte bien son nom, vu que je met seulement 1h40 pour rejoindre Milos
au lieu de 3h00 en ferry. Seule contrainte, on ne peut rester sur les
ponts. L'île cache dans son sein une baie dans laquelle nous accostons,
à Adamas (ou Adamantas, selon l'envie) plus précisément.
Beaucoup plus de propositions pour vous loger lorsque vous arrivez,
l'heure y est pour beaucoup. Comme à mon habitude, je préfère
m'éloigner un peu du port, et je tombe sur un petit ... jeune
vieux (la soixantaine, quoi !) avec qui je tombe d'accord sur 12€
la nuit (au lieu de 20€ d'origine), soit 50€ pour 4 nuits
(no comment ...). C'est une chambre chez l'habitant, aménagée
en tant que telle (bref, pas un boui-boui où l'on se retrouve
les uns sur les autres), très agréable. Je passe le reste
de la journée à me promener dans les environs, en bord
de mer et dans les collines. Les plages les plus intéressantes
sont un peu en dehors de la ville, mais il faut surtout s'éloigner
du port. Quelques sentiers partent dans les collines et on a rapidement
un beau panorama de la ville et de sa baie si particulière (bien
qu'étant la plus importante ville de Milos, Adamas n'en n'est
pas la capitale). Le soir, pas mal d'animation dans le coin, avec des
bars et des tavernes cachées un peu partout. Concernant la cuisine,
chacun s'y retrouve : les végétariens (salade grecque,
tomates, concombres, haricots verts ...), les carnivores (veau, poulet,
porc, en gyros ou slouvaki, grillé ou en sauce) et les amateurs
de poissons (sardines, mulets, anchois, rougets, espadon ... la liste
est interminable). Bref, vous trouvez tout ce que vous voulez - si vous
vous donnez la peine de chercher - et les plats en sauce ne sont pas
en reste (moussaka et paella n'en représentent qu'une petite
partie). Seul hic, le poisson reste très cher, même si
l'on se trouve dans un port de pêche. Après ce petit aparté
culinaire, juste un mot concernant les guichets de retrait (il faut
bien payer ce que vous mangez !) : vous en trouvez dans toutes les grandes
villes que vous traversez - c'est du moins le cas sur les îles
visitées - et plus de commission sur les retraits dans les pays
ayant adhéré à l'euro. Comme quoi ce passage n'a
pas que des mauvais côtés ...
Les liaisons en bus avec
la capitale - Plaka - sont suffisamment nombreuses pour que je me décide
à les utiliser ... du moins aujourd'hui ! Peu de circulation
sur la route, et peu de kilomètres nous séparent (5 ou
6 à vol d'oiseau). La ville est typique des Cyclades, autrement
dit des maisons blanches partout (les toits bleus se trouvent surtout
sur Santorin). Du village, un sentier vous mène sur les catacombes
et un théâtre "romain". Petite parenthèse
historique, c'est ici que se trouvent les premières catacombes
chrétiennes. La nature même de l'île - volcanique
- est propice à ce genre de "construction", avec un
grand nombre de grottes ainsi que de refuges naturels. Seul regret,
une infime partie des catacombes est ouverte au public - suite à
un éboulement survenu il y a quelques années - et on est
loin d'éprouver cet étrange sentiment que l'on ressent
dans les catacombes de Paris (à voir absolument !). L'ancien
théâtre situé en bord de mer est bien conservé
et mérite le coup d’œil. Et c'est également
dans cette zone - riche en sites archéologiques - qu'a été
découverte la statue d'Aphrodite, plus connue sous le nom de
... Vénus de Milo. Mais le site n'a d'extraordinaire que le fait
d'avoir caché cette statue en son sein. De retour à Plaka,
montée au Kastro, citadelle surplombant la ville et qui donne
un bon point de vue sur la partie Nord de l'île. Pour terminer,
descente sur la plage de Firopotomas à travers les collines.
Pas déserte mais presque, cette plage me fait l'effet d'une crique
où l'eau est transparente et délicieuse. Le retour sur
Adamas se fait par d'autres sentiers qui traversent l'île de part
et d'autre. Pas trop de balisage, mais peu de risque de se perdre. Et
toujours des petits villages dans les environs où l'on peut demander
son chemin si jamais cela arrive ! De retour "chez moi", je
discute avec la propriétaire : originaire de Milos, elle a suivi
sa famille en Afrique du sud pour le travail (dans les années
50/60). Elle s'y est établie avec son mari, puis ils sont partis
pour l'Australie, le climat étant devenu malsain pour les blancs
- et les noirs travaillant avec eux - au cours des dernières
années.
Vu la grandeur de l'île
et le peu de temps que j'y reste, je me décide à louer
un scooter pour la découvrir plus en profondeur (c'est une raison
qui en vaut une autre ...). Cette fois encore, aucun problème
pour dégoter un loueur et trouver la perle rare. Ma première
destination sera Sarakiniko, réputée pour son paysage
lunaire et dont tout le monde m'a parlé sur l'île. Milos
est une île volcanique et ce paysage date d'une des irruptions
qui ont eu lieu il y a bien longtemps ; les coulées de lave ont
refroidies en prenant une teinte blanche et des formes très particulières,
ce qui donne un ensemble surprenant. Quelques grottes sympathiques à
visiter, une plage pour se reposer et quelques collines à escalader.
Les terres alentours sont fertiles et propices à l'agriculture,
les plantations ... Puis je prend la route en direction de Pollonia,
au Nord-Est de l'île. Ce village de pécheurs a connu une
petite croissance du fait des touristes qui préfèrent
venir séjourner dans ce coin de l'île plutôt qu'à
Adamas. C'est également de ce port que part la navette pour Kimolos,
une île plus au Nord de Milos. Dans le coin, deux choses à
voir : Papafranga et ses grottes marines - avec des criques désertes
très agréables également ; Filakopi et son site
archéologique (dont vous avez rapidement fait le tour, il faut
bien l'admettre). La route intérieure, pour retourner sur Adamantas,
vous permet de voir les nombreuses carrières que compte l'île.
Elle n'est pas dans un état vraiment excellent - loin de là
! - et très fréquentée par les camions (ceci expliquant
cela). Peu de villages traversés en route, si ce n'est Voudia
où quelques habitants vivent encore, et toujours des chapelles
à droite ou à gauche. Pour terminer, direction la plage
de Paliochori : sable blanc, eau turquoise, soleil, palmiers et un petit
bar pour agrémenter le tout. Au retour, je trouve mon propriétaire
en train de bricoler dans son jardin. En discutant, il me dit qu'il
a commencé à Joahnesburg à éditer des calendriers
dans les années 60, jusqu'à avoir sa propre fabrique.
Puis il s'est tourné vers l'immobilier, jusqu'à son départ
en Australie après tous les problèmes survenus à
ses amis et connaissances. Il a une passion pour le bricolage, les travaux
manuels et le jardinage, et a réalisé lui-même la
plupart de ses maisons. La soirée se termine à Plaka,
tranquille car peu de bars et pour ainsi dire, pas de boites.
L'ouest et le sud-ouest de
l'île restent apparemment des zones sauvages, avec très
peu d'habitations, voire aucune par endroit, et des plages forcément
désertes et magnifiques. Il n'en faut pas plus pour me donner
envie d'aller y faire un tour. Une fois le scooter plein à ras
bord - on ne sait jamais - je me dirige vers Firiplaka, ma 1ére
escale (un peu par hasard, dois-je avouer, vu le manque de panneaux
d'indications !). Pas mal de monde quand même, des transats et
un mini-bar. C'est râpé pour la crique déserte ...
Mais les choses deviennent plus intéressantes en continuant sur
l'ouest : la route se transforme en piste et, par endroit, je ne fais
pas plus de 10 km/h, vu les ornières et les rochers sur le sentier.
Mais cela vaut vraiment la peine, et j'alterne des plages superbes sans
âme qui vive avec des vues spectaculaires depuis la montagne (enfin,
on ne dépasse pas les 800 mètres d'altitude pour autant).
Quelques voitures se sont aventurées dans le coin, toujours en
location, et le plus souvent en mauvais état. Il faut reconnaître
quand même que cela fait plaisir de retrouver les routes goudronnées.
Je laisse le Nord-Ouest de l'île à l'inconnu - des chemins
de terre aboutissant nulle part, qui desservent plus ou moins l'entrée
gauche de l'île- pour revenir sur la côte intérieure
de Milos, face à Adamas. Les plages sont un peu moins belles
(ou est- ce juste une illusion, à peine une sensation ?),
et le monde est de retour, mais l'eau reste agréable quand même.
Je conserve le scooter jusqu'à la fin de la soirée aussi
je retourne sur Sarakiniko profiter d'un spectacle dont je ne me lasse
pas et, sur la lancée, un détour par Klima : les habitants
vivent dans des hangars à bateaux réaménagés,
plus ou moins, et la route qui les dessert se trouve en bord de mer,
mais vraiment au bord ! Puis retour sur Adamantas où je termine
la soirée.
 
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Mercredi
11 Septembre - Athènes
Cette journée est
la dernière sur l'île, ainsi que dans l'archipel. J'en
profite pour refaire à pieds certains chemins empruntés,
et revoir les coins qui m'ont marqués ... bref, un petit pèlerinage
avant de lever l'ancre ! A Plaka, je visite le musée archéologique
de Milos. En effet, l'île recèle nombre de sites anciens
et présentait un grand nombre de richesses à ce niveau,
avant que les anglais n'arrivent et remportent chez eux plusieurs de
leurs trouvailles. Ainsi, la plupart des statues exposées ne
sont que de pâles copies des originales, dont la Venus de Milo.
Toujours autant de plaisir à se balader dans les rues et en bord
de mer, avec un temps qui n'a - pratiquement - jamais cessé d'être
au beau fixe. Je ramène dans ma valise les éternels souvenirs
à distribuer de retour au pays, et une bouteille d'ouzo (c'est
le même alcool que le raki turque, seul le nom change) pour mes
propriétaires qui ont été très accueillants.
Je prend mon dernier repas du soir avec eux - mon ferry pour Athènes
ne part qu'à minuit -, l'occasion de discuter à nouveau
de tout et de rien, de goûter à l'ouzo et donner quelques
conseils pratiques à Neil sur l'ordinateur et internet. Avant
de finir la bouteille - et de se faire "réprimander"
par sa femme qui, elle, ne boit pas, il m'amène sur l'embarcadère
(distant quand même de 800 mètres, et mes sacs sont lourds).
Je retrouve sur le bateau l'ouvrier albanais qui travaillait avec mon
propriétaire, et qui raccompagne sa mère sur la capitale.
Il ne parle qu'albanais et grec, et moi français et anglais,
aussi, la discussion prend vite fin. Pas mal de monde sur le bateau
malgré l'heure tardive, mais j'arrive à me trouver un
banc sur un pont extérieur, sur lequel je sommeille plus que
ne dors vraiment.
 
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Jeudi
11 Septembre - Bordeaux
L'arrivée sur le Pirée
se fait sous un ciel ombrageux. Mon avion décolle cet après-midi
aussi, je me décide à aller voir quelques monuments sur
Athènes, histoire de pouvoir dire "j'y étais' quand
je rentrerai au pays ... Le métro est en cours de réhabilitation
- en travaux - mais la ligne principale fonctionne sans problème
et me mène directement du port à la Plaka, quartier renommé
pour tous ses sites archéologiques, dont l’Acropole. Arrivé
à 8h00 devant l'entrée, je profite d'une heure tranquille
pour faire le tour du site, visiter le musée - vraiment très
intéressant,et mérite bien plus de temps - et admirer
le point de vue sur la ville aux alentours. A 9h00, ce sont des cars
entiers remplis de touristes en goguette qui arrivent sur le parc, et
en peu de temps, des hordes de curieux dévalent les rochers sacrés
pour se prendre en photo devant la statue de Zeus (un peu mélodramatique,
mais je n'en avais plus vu autant depuis le début du voyage).
Je m'en vais donc visiter les autres sites antiques - temple de Zeus,
agora romain, théâtre de Dyonisos ...- certes moins connus,
mais moins pratiqués ! Chemin faisant, je me retrouve dans Monastiraki,
le quartier commerçant de la ville. Les magasins se succèdent
dans les rues, du simple épicier au joaillier en passant par
les boutiques de vêtements. Ce jour est fête nationale pour
le pays, et une cérémonie commémorative avait lieu
sur la tombe du soldat inconnu, l'occasion pour moi de voir une dignité
du royaume.
Puis retour sur l'aéroport avec l'une des navettes qui fait le
circuit centre ville - aéroport. Celui-ci a été
mis récemment en service, et accueille tous les vols internationaux,
un autre gérant les vols intérieurs. Les futurs jeux olympiques
de 2004 permettent au pays de lancer nombre de travaux de reconstruction
ou d'aménagement : le métro, l'autoroute, l'aéroport
et, bien sûr, le village olympique. Ce que je retiens en premier
d’Athènes, c'est son importante pollution - loin d'être
une légende -, des quartiers sales ou mal entretenus, et des
habitations qui sombrent avant même d'être terminées.
Et le port du Pirée n'a plus grand chose de commun avec celui
des chansons ou des films des années 50 : les bars et tavernes
où l'ouzo faisait battre la musique ont laissé place aux
hôtels miteux et carcasses de navires en attente d'un recyclage
hypothétique. Je préfère me souvenir des îles
dans lesquelles je suis passé, avec des paysages superbes, des
plages dorées et une eau turquoise ! A cette époque de
l'année, les touristes sont bien moins nombreux, ce qui permet
de se rapprocher des insulaires, apprécier leur hospitalité
et discuter les prix ! Le temps a été très clément
- plus que cet été d’après certaines sources
- et il se met à pleuvoir au moment où je prend l'avion.
Le quidam dira qu'il est temps de partir car la pluie arrive, je préfère
dire que le ciel est à l'image de mes sentiments, un peu triste
de laisser les îles derrière moi mais je ne pense pas que
c'est la dernière fois que je viens les visiter.
 
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