Carnet de route : Les Eoliennes - 2011

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LE RECIT DE NOTRE PERIPLE ...

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Présentation des îles Eoliennes

Les îles Eoliennes, pleines de surprise et de contraste, doivent leur nom à Eole, le Dieu du vent qui, d'après Homère, en avait fait son règne. Celui qui aujourd'hui arrive en bateau ou en aliscafo (hydrofoil) ne peut pas ne pas rester stupéfait de la beauté des paysages et avoir un grand désir de les visiter. Au fil des siècles, les éruptions en ont maintes fois modifié l'aspect et les dimensions. Les côtes et les bas-fonds marins sont stupéfiants, mais l'intérieur aussi est plein de charme. Imposants volcans toujours actifs, curieuses formations rocheuses, dense végétation de la fosse des Felci (des fougères) à Salina, trésors archéologiques des villages préhistoriques de Lipari, Panarea et Filicudi et nombreux objets rejetés par la mer et jalousement conservés dans le Musée Archéologique de Lipari, tout cela fait de ces îles un petit joyau de la mer Méditerranée. Les habitants sont gentils et cordiaux, et vous accueillent avec simplicité et chaleur. De grands voyageurs, aussi fameux que Dumas, Guy de Maupassant, De Dolomieu et l'archiduc Louis Salvatore d'Autriche, ont exploré ces lieux et en ont étudié les traditions, coutumes et l'économie pour les faire connaître à leurs compatriotes. Les îles Eoliennes sont des créatures volcaniques nées de la présence active des quatre éléments : l'eau, l'ai, la terre et le feu. Changeants sans cesse de forme, des îlots apparaissent pour disparaître peu après, les volcans sont encore actifs (Stromboli et Vulcano) et les eaux et boues thermales témoignent d'une action souterraine fort active. La mer, propre et poissonneuse, sert d'écrin à de magnifiques paysages, composés de grottes, falaises gigantesques, récifs et plages de sable noir et autres montagnes de pierre ponce blanche. Le climat est tempéré et, en hiver, la température ne descend jamais en dessous de 10°C. Les étés ne sont jamais torrides car ventilés par la brise marine. Au printemps, la végétation qui couvre ces terres fertiles explose en une symphonie de couleurs vives et de parfums entêtants. Les cultures sont nombreuses, la vigne, les oliviers et les câpres parmi les premières spécialités des îles. Chacune à ses propres spécificités : Panaréa est la destination d'un tourisme d'élite ; Filicudi et Alicudi préfèrent préserver le lien avec la nature ; Stromboli et Vulcano sont tournées vers un tourisme plus « aventurier » ; Salina attire les familles en proposant des paysages verdoyants et reposants ; Lipari, enfin, est la plus peuplée et le siège de la Mairie dont dépendent toutes les autres îles, sauf Salina qui comporte 3 communes.
Un peu d'histoire … on trouve des traces d'activité humaine sur Lipari dès la fin du 5ème millénaire avant JC (habitat sur la Citadelle). Diverses colonies (Grèce, Rhodes, Etrusques, Rome) s'y succèdent jusqu'à la destruction de Lipari par les romains en 250 avant JC. Vulcanello commence à se former au cours du 2ème siècle après JC, alors que les romains prennent possession du bassin Méditérranéen pendant ce premier millénaire. En 838, Lipari est saccagée et complétement dévastée par les Arabes, qui déportent les habitants. Désertes pendant 2 siècles, les Normands installent dans la citadelle des moines bénédictins. Alors que la ville commence à recouvrait sa grandeur déchue (privilèges fiscaux), le pirate Barbe Rouge attaque Lipari et brûle toutes les maisons en 1544, après avoir réduit la population en esclavage. C'est Charles Quint qui favorise le repeuplement de Lipari et lui permet, ainsi, à la disparition complète des pirates turcs (fin du 18ème siècle), de se développer sous différentes bannières à commencer par les Espagnols.

Salina

Salina, une des plus importantes iles productrices de malvoisie, le vin « nectar des dieux », produit plus particulièrement à Malfa. C'est d'ailleurs dans une maison qui servait autrefois de site de production du malvoisie que nous passerons nos quelques jours de présence dans les iles. Les câpres sont également un symbole fort pour les iles Eoliennes, et c'est sur Salina que s'y trouvent les plus grandes cultures. Il s'est développé sur l'ile une réserve nationale qui protège deux volcans éteints et couverte d'une dense végétation : Fossa delle Felci (la Fosse des Fougères) et le Mont Porri. Autrefois appelée Didyme par les Grecs (les jumeaux) du fait de son relief volcanique caractéristique, le haut plateau de Valdichiesa en est également un fort repère géographique. Le sel qui était produit ici (le nom actuel dérive du marais salant, devenu un petit lac d'eau saumâtre aujourd'hui) était indispensable pour la conservation du poisson et des câpres. Les trois communes correspondent aux trois centres habités, à savoir Santa Marina, Malfa et Leni, unique dans l'archipel.
Le port principal, sur lequel nous accostons en hydrofoil est celui de Santa Marina. L'ile est desservie par un bon service d'autobus, avec des horaires qui coïncident le plus souvent avec des départs ou arrivées de bateaux pour les autres îles ou le continent. Comme nous pourrons nous en apercevoir un peu plus tard lors de notre séjour, les routes sont étroites mais facilement praticables. Santa Marina s'étend aux pieds des imposants monts Fossa delle Fleci et Rivi. Un sentier serpente depuis le Serro dell'Acqua jusqu'aux grottes creusées dans le tuf en hauteur, à travers les vergers et les oliviers. Certaines grottes comportent plusieurs pièces communicantes et sont encore habitées. Le long de la côte, en direction du Sud depuis la jetée, se trouve le village de Lingua, renommé pour ses restaurants de poissons et surtout pour le café Alfredo qui sert les meilleures (n'ayons pas peur des mots) granites (sorbets) de Sicile ! Un petit lac, un phare pittoresque et un musée ethnologique complètent le décor, ainsi que plusieurs immeubles de location saisonnière semble-t-il (mais sans dégrader le littoral, rassurez-vous).
Nous avons à plusieurs reprises la possibilité de flâner dans Malfa, où nous résidons pour la durée de notre séjour. Située sur la côte septentrionale, c'est la commune la plus peuplée de l'île. Les cultures sont principalement centrées autour du Malvoisie, des câpres ainsi que du raisin sec. Mais la pêche et le tourisme constituent également des activités lucratives pour les habitants. Le centre ville, bien que limité, propose quelques boutiques souvenirs et supérette pour y faire les courses quotidiennes. Café, bar, coiffeur … côtoient quelques hôtels avec vue sur la mer dont un ou deux assez renommés semble-t-il. Plusieurs restaurants, notre préférence va sans conteste au restaurant pizzeria « A Lumeredda » où l'accueil est très chaleureux, et la cuisine excellente. Nous citerons en vrac quelques spécialités telles que les antipasto locaux, spaghettis à l'éolienne (câpres, anchoix, olives …), grillades de poissons et pizzas maisons (fruits de mer ou végétarienne, nombreux choix !). Bref, une très bonne adresse que l'on recommande. Enfin, les accès aux différents sites de l'île sont facilités par le réseau de bus qui dessert (ou part de) Malfa. Un point stratégique pour visiter l'île beaucoup moins touristique que SM
Salina
Le départ pour Pollara s'effectue en bus dans la matinée. Amphithéâtre naturel à pic sur la mer, c'est tout ce qui reste du plus grand cratère de l'île : plus d'un kilomètre de diamètre ! L'arrêt du bus se situe sur la place de l'église, où débute le sentier qui mène au port et sur la plage en bas du « faraglione », la falaise qui témoigne de l'effondrement géologique et du caractère volcanique de l'île. Le port est un bien grand mot pour désigner une jetée où viennent se briser les vagues, et les remises pour les barques creusées dans le tuf par les pêcheurs. Le paysage est remarquable, avec les strates des falaises qui se découpent sur les fonds marins, la présence d'anciennes cheminées et de coulées de lave discernables. En faisant le tour en bas des falaises, nous apercevons enfin le Perciato, un promontoire perforé par la mer qui ressemble à s'y méprendre à celui caractéristique de l'île de Malte. A noter également dans le coin la maison du peintre Pippo Cafarella, utilisé dans le film « Il Postino » retraçant la vie de Pablo Neruda et visitée par de nombreux admirateurs. Nous avons la chance de rencontrer un couple en fourgonnette qui nous propose de nous ramener vers Malfa (sur la hayon arrière) et qui nous dépose à l'intersection de la route pour Leni. Le reste du trajet se fait à pieds, histoire de profiter des paysages et senteurs caractéristiques de cette île.

Fossa delle Felci

Un accès au mont Fossa delle Felci est possible depuis Santa Marina, mais le sentier semble difficilement praticable et nous préférons y accéder par Valdichiesa. Un autre accès existe depuis Lingua mais relativement long (2 à 3 heures indiqué sur les cartes). Avant de démarrer notre périple vers le sommet de Menavento, nous visitons le sanctuaire de la Madonna del Terzito. Chapelle édifiée au cours du 5ème siècle, elle est rapidement transformée en église (7ème siècle) mais a due attendre un millénaire avant de devenir un lieu de dévotion et de prière. Après avoir escaladés plusieurs escaliers et traversés divers vignobles, nous empruntons un sentier qui se révèle bien aménagé mais un peu difficile (pour une petite fille de 4 ans …) sur les débuts et beaucoup plus praticable à proximité du mont proprement dit. Le paysage et le climat deviennent ceux des collines et, une fois au sommet, ceux de la montagne. Le ciel reste mitigé, et les nuages sont accrochés au Mont Fossa (le plus haut de Salina, et des îles Eoliennes semble-t-il). Arrivés sur le sommet, nous profitons malgré tout d'une vue imprenable sur toute l'île et celles environnantes (« les sept perles de la Méditerranée »). Le sentier qui serpente autour du mont est bordé de buissons de bruyère, de lentisque et d'euphorbe (nous l'apprenons à travers nos diverses lectures ...) Les variétés d'arbres sont également très nombreuses, en passant par les châtaigniers odorants, les chênes centenaires et les pins et arbousiers qui peuvent atteindre sept à huit mètres de haut. L'ascension se fait dans un intense parfum de fleurs et les couleurs sont, surtout au printemps, vives et flamboyantes. Du sommet partent de nombreux sentiers qui descendent de part et d'autres vers les différents villages. De temps à autres, des escaliers « naturels », constitués de dalles de pierre ou de troncs centenaires, apparaissent pour faciliter la descente. Nous sommes au-dessus du plus haut volcan de l'archipel, qui culmine à 968 mètres au-dessus de la mer avec un cratère de 600 à 700 m de diamètre. Le lever de l'aube est, paraît-il splendide avec un lever de soleil qui fait étinceler chaque île comme un diamant. Faut-il pour cela passer la nuit sur place (ce qui est toujours possible), mais non prévu pour notre part.
Un sentier beaucoup praticable (voire carrossable pour certains véhicules) permet de revenir plus facilement au pied de Valdichiesa où nous récupérons notre véhicule pour continuer notre périple autour de Salina, avec le port de Rinella comme prochaine étape. Beaucoup moins peuplé et prisé que SM Salina, Rinella, qui était à l'origine un petit port, ne possédait que quelques maisons de pêcheurs et des remises pour les barques creusées dans la falaise de tuf. Aujourd'hui, le village s'est développé et propose des boutiques souvenirs et un restaurant le « Miro » où nous dégustons, presque en toute intimité, un déjeuner typique des lieux : choix de hors d'œuvres maisons (crudités, fruits de mer …), spaghettis en sauce de câpres et poisson au grill. Moins branchés desserts, mais le repas est un vrai festin, et le vin du pays n'est pas mal non plus !

Lipari

Lipari est la plus grande et la plus peuplée des îles de l'archipel. La ville s'étend aux pieds de l'imposant rocher du Castello (le château), l'acropole grecque et le long de la mer. C'est dans le port de Marina Lungua que nous arrivons en hydrofoil après 20 mn de traversée environ. Nous négocions avec un jeune chauffeur de taxi une visite des principaux site de l'île pour une durée d'1h20 (on arrive à 40€ de 60€ mais il ne faudra pas le répéter …) L'occasion de profiter des paysages variés issus d'un contexte géologique spécifique. En effet, il a été dénombré pas moins d'une douzaine de volcans sur cette île au cours du millénaire passé, ce qui laisse quelques marques. Les premières sont celle de la vallée Muria, couverte d'une large coulée de pierre ponce blanche d'une part, et d'obsidienne (noire) d'autre part. La pierre ponce a été exploitée pendant de nombreuses années sur l'île (gisement sur plus de 8 km) comme en témoignent les vestiges des installations industrielles en bord de mer. Mais, un choix leur a été demandé pour intégrer l'île au patrimoine mondial de l'UNESCO. En effet, cette intégration n'avait de sens que si le gouvernement arrêtait l'extraction du gisement de pierre ponce. 2ème ressource de l'île après le tourisme, il a fallu expliquer la fermeture de ces divers sites à la population .. mais qui ne le regrette pas à ce jour (semble-t-il …) De nombreux sentiers pédestres sillonnent l'île, à l'origine pour permettre aux habitants de se rendre aux carrières de pierre ponce ou dans les champs. Ils permettent aujourd'hui de visiter l'île d'une manière plus « naturelle » (faut-il pour autant récupérer une carte de ces sentiers). Forcément, notre périple en voiture n'est pas comparable, mais nous parcourons en peu de temps les zones les plus typiques de Salina. Entre autres, l'observatoire géophysique situé au Sud de l'île (ancien poste de guet de la marine), d'où on jouit d'un magnifique panorama sur Vulcano. A Pianoconte se situe la petite église de l'Annunziata, connue pour son escalier en entonnoir inversé. Il ne faut pas manquer dans le coin Quattrochi, un belvédère avec une vue imprenable sur les fumerolles de Vulcano … hélas dans le brouillard en ce jour pluvieux ! Les thermes de San Calogero – un peu plus à l'ouest – datent du milieu du 19ème siècle et soignent la goutte et les rhumatismes. Mais nous ne savons toujours pas s'ils sont ouverts ou toujours en travaux !

Vulcano

Le trajet en bateau nous fait passer par Rinella puis Lipari, et nous débarquons sur Vulcano (Porto di Levante) 1h plus tard. L'île est la première que l'on rencontre lorsqu'on vient de Millazo (qui sera notre port de retour, à priori). Une intense odeur de souffre imprègne l'air dès que l'on accoste sur l'île, provenant des fumerolles qui se dégagent du cratère et des fissures du terrain. Histoire de ne pas oublier que le volcan est toujours en activité ... La location d'une voiture nous semble le plus indiqué pour visiter l'île dans la journée, et c'est auprès de Luigi (location en tout genre) que nous trouvons notre bonheur (Fiat Uno jaune, nous sommes en Italie …) A noter que les mini-cars ont l'air très sympas pour faire une virée sur l'île, mais limités à 2 personnes, et la jeep reste un peu cher (55€ la ½ journée). Le port de Geslo, situé à l'extrémité Sud de l'île est notre première étape, et se situe au terme d'une route en lacets de plus de 7 km. Très peu de monde, le « port » n'accueille qu'un seul bateau de pêche et les seules boutique et trattoria sont fermées. Peu d'habitations le long de la côte et le sentier pédestre se termine aux pieds d'un phare inactif (Faro Vecchio), et inoccupé depuis plusieurs années semble-t-il. Le ciel dégagé permet d'apercevoir la Sicile au loin, et un panache de fumée qui s'élève de l'Etna. Une belle plage (dell'Asino) est accessible depuis le port, mais la température de l'eau incite à rester sur le bord … Nous rebroussons chemin afin de revenir sur nos pas et explorer « Il Piano », un haut plateau qui s'est formé par le comblement du plus vieux (et plus grand) cratère de l'île. C'est d'ailleurs sur cette partie de l'île qu'habitent la majorité des résidents, dans des maisons blanches typiques des îles. Nous continuons sur Capo Grillo, situé sur la partie Est de Vulcano, et d'où nous jouissons d'une vue imprenable sur le volcan, mais également sur les îles de Salina, Lipari, et plus au loin Panaréa et Stromboli qui se découpent sur l'horizon. A noter que de nombreux sentiers traversent l'île de part et d'autre, ce qui en fait un site très prisé par les randonneurs. A noter à proximité un sentier qui dessert le « vallone delle Roja », un gouffre de pierres de lave qui descend à pic jusqu'à la mer. Nous continuons notre route et arrêtons notre choix sur le restaurant « El Diablo » pour déjeuner. L'absence de clients ne nuit pas à la qualité de l'accueil, familial et très chaleureux. La cuisine est excellente et nous dégustons des poulpes, du poulet rôti, des spaghettis bolognaise maison et un assortiment de légumes de saison, le tout arrosé d'un vin blanc local. Clara se fait un petit copain en la personne de Gabriel, le fils de la propriétaire qui lui apprend à jouer à la Nintendo DS. Le sentier qui mène en haut de Vulcano se situe avant l'entrée dans le village de Porto di Levante en revenant d'Il Piano, et il est très facile de se garer à proximité. Les activités des insulaires, leur vie même, dépendent de ce cône volcanique proche et endormi depuis plusieurs années. La montée, facile au début, continue par des tournants entre de hautes roches rougeâtres et des plantes de genêt. On découvre l'île au fur et à mesure que l'on grimpe ainsi que ses paysages extrêmement variés (les bois, les vignobles d'un côté, des terres arides et désertes de l'autre). Riche de végétation, avec de profondes vallées creusées par l'activité volcanique et couvertes de genêts, on ne peut oublier pour autant que l'on monte au coeur d'une montagne vivante et chaude, qui fume et grogne comme un monstre momentanément assoupi mais toujours prêt à exploser de fureur. Il est très étrange d'accomplir cette montée dans le silence, avec en fond l'horizon tranquille de la mer et des îles voisines, et une odeur omniprésente d'oeur pourri, caractéristique du soufre qui s'échappe avec les fumerolles. Une attention particulière est apportée par les visiteurs pour éviter les jets de vapeur brûlante qui s'échappe de ce cratère, toujours en activité (un bouchon de lave refroidi fait actuellement office de bouchon naturel). Notre seul regret est la pluie qui nous accompagne autour du cratère et qui bouche une partie de l'horizon. Nous terminons notre circuit par la visite de Vulcanello, presqu'île situé au Nord de Vulcano. Ses principaux points d'intérêt sont le petit lac naturel de boues chaudes, connues depuis l'antiquité pour les vertues thermales qu'elles apportent (rhumatisme, arthrose et autres maladies de peau. Et, pour vous refroidir, rien ne vaut un détour dans l'eau fraîche de la baie avoisinante. L'autre site caractéristique est la « Valle dei Monstrei », qui prend son nom des formes étranges et fantastiques des rochers de lave modelés par l'érosion du vent et de la mer, au milieu de dunes de sable noir. C'est également dans ce coin que se situent les plus belles demeures de l'île, résidences secondaires de personnalités aisées siciliennes … Pour ceux qui en ont la possibilité (et le temps), il peut être très intéressant de louer une barque pour faire le tour de l'île et découvrir les sites cités précédemment mais également des criques inaccessibles par la terre (Cale del Formaggio, Mastro Minico) et les bas-fonds formant la Baignoire des Vierges (Bagno delle Vergini), une piscine naturelle d'eau vert émeraude entourée d'écueils. Enfin, vous pouvez accéder dans la grotte del Cavallo pour en admirer la voûte et vous baigner dans son eau limpide aux couleurs éclatantes. D'autres lieux vous invitent au voyage (Punta Banderia, Punta del Grillo et sa série de grottes splendides, la crique Cala Rossa …) et des excursions en groupes organisés sont également possibles. Un tour des boutiques autour de la zone du Porto di Levante avant de repartir nous donne un bref aperçu des bijoux, meubles, peintures et vêtements qui sont réalisés sur les îles. Les gourmets seront également servis avec toutes les spécialités locales que l'on trouve sur les Eoliennes : olives, câpres, malvoisie, riccotine (petit fromage frais) et autres pecorino (fromage de brebis), sans oublier le vin blanc excellent.

Stromboli

Le seul regret que nous pouvons avoir, au retour de notre séjour, est de n'avoir pu visiter le Stromboli, un géant noir qui se dresse dans toute sa majesté sur le fond bleu de la mer. Les conditions météorologiques ont entraîné la suppression de plusieurs navettes entre Salina et Vulcano, et il semblait difficile d'accéder au volcan une fois sur l'île. Son cône volcanique avec son panache de fumée en fait un phare pour les navigateurs. Ce jeune volcan (100 000 ans seulement …) présente trois bouches éruptives, toujours actives, est sans doute unique au monde, avec ses 2400 m de hauteur depuis sa base sous-marine. Habité de manière continue depuis le 16ème siècle avant JC, Stromboli est rapidement devenu une étape incontournable pour ceux qui traversaient la mer tyrrhénienne. L'île est économiquement très présente au cours du 19ème siècle, avec sa flotte de 65 voiliers qui traverse la mer Méditerranée et qui relie la Sicile à Naples. Mais, au début du 20ème siècle, le progrès industriel (bateaux à vapeur, voie ferrée) ainsi que de violentes éruptions et un raz-de-marée de plus de 30m en 1930 mettent à mal cette île et font fuir une grande partie de la population. C'est aujourd'hui une population de 4 à 500 personnes qui vous accueille à comparer aux 5000 habitants du début du 20ème siècle. La découverte de l'île commence par l'église de San Vincenzo, construite en 1615 et sans cesse agrandie depuis. Le sentier démarre du Scari de San Vincenzo où vous accostez, et permet de découvrir, le long d'un sentier pédestre les constructions typiques éoliennes (petites maisons blanches cubiques). La végétation est très présente, et variée avec ses palmiers, figuiers de barbarie, bougainvillées … Tout près de l'église, sur la mer, se détache le Strombolicchio, colonne de lave inerte et solidifiée (neck) du plus vieux cône volcanique des îles Eoliennes. Le sentier se poursuit en direction du sémaphore de San Vincenzo (195 m) puis de Prima Rina à 450 m d'altitude. Au-delà, la présence d'un guide est obligatoire pour accéder au cratère du volcan (des excursions sont organisées régulièrement durant l'été, plus compliqué hors saison …) L'ascension à travers le passage Liscione nécessite beaucoup d'attention, mais la récompense est au bout de la route, avec les cratères actifs du volcan à vos pieds ! Attention, il faut tout de même compter une dénivellation de 900m pour atteindre ce lieu, sur des chemins instables et difficiles. Il est donc réservé à des personnes en bonne santé, bien préparés et équipés. De superbes points de vue sont accessibles depuis le site, la vallée de la Lune (près du Pizzo) ou la crête de Vancori, plus haut sommet de l'île à pic sur Ginostra. Plusieurs sentiers balisés (anciens sentiers communaux) ont été remis en état par les volontaires du club Alpin Italien début 2000. Une carte, répertoriant ces divers sentiers, est disponible quand vous arrivez sur l'île. Certains nécessitent la présence d'un guide, et restent réservés (là-encore) à de bons marcheurs, bien équipés. Heureusement, pour tous les autres, il est très agréable de visiter les criques sauvages peu fréquentées, les plages de sable noir et l'observatoire volcanologique avec vue directe sur les cratères. Enfin, pour les amoureux de la plongée, le site réserve bien des surprises tant sur la diversité des espèces sous-marines présentes (anémones de mer, gorgones rouges, corail, thons blancs, mérous …) que sur les fonds sous-marins. Le tour en barque est fortement recommandé, avec la visite de sites que le Strombolicchio, les criques de Piscità, le village de Ginostra (avec son port pour une seule barque !), la plage de Punta Lazzaro … Des visites nocturnes du volcan sont également possibles (accompagnées d'un guide, forcément) et permettent d'apprécier le spectacle unique des coulées de lave le long des pentes pour se plonger en mer dans un tourbillon de fumée et de vapeur d'eau. Magique, paraît-il ...

Taormina

Première étape de notre retour en France, Taormina est une ville balnéaire idéalement placée à proximité de la mer et du prestigieux Etna, ce qui en fait une destination très prisée par les touristes, tant italiens qu'étrangers. La bateau de 8h45 en direction de Millazo est annulé pour cause de mauvais temps, et c'est donc celui de 10h40 qui nous rapatrie sur Lipari, où nous changeons de ferry avec une halte sur Vulcano. De Millazo (arrivée à 12h30), un bus nous conduit ¼ d'heure plus tard à la gare routière de Messina, prochain changement … C'est la compagnie Interbus qui assure les liaisons intercités longues distances. Départ à 14h00 avec une route efficace mais peu propice au tourisme. C'est finalement vers 15h30 que nous arrivons aux portes de la ville avec 2h de retard sur notre programme initial, du au ferry. Notre hôtel, le « xx » est situé dans le centre ville et le plus simple semble de s'y rendre à pieds. Beaucoup de monde qui déambule dans les rues, la circulation en voiture est délicate mais rien en comparaison de l'été : en effet, les lieux sont noirs de monde de mai à septembre, se déplacer en voiture est quasi-impossible et la ville se révèle assez vite étouffante. La vue depuis la terrasse de l'hôtel est spectaculaire, avec une mer bleue intense en contrebas des falaises, et le mont de l'Etna qui se distingue à « quelques » mètres de là. L'attrait de Taormina se comprend aisément, d'autant plus qu'un funiculaire permet d'accéder rapidement aux plages depuis les hauteurs où se trouve le centre ville historique. Touristes rime avec hôtels, bars, restaurants et autres boutiques en tout genre, ce qui nous change radicalement de « nos » îles isolées. Nous ne restons que pour la soirée, mais il y a de quoi à faire plusieurs jours pour ceux qui souhaitent excursionner sur l'Etna, ou se détendre sur les longues plages dorées ou encore profiter du soleil au bord d'une piscine, tout simplement. Petite info pratique pour prendre un taxi pour l'aéroport : il nous est demandé 80€ par l'hôtel pour ce service, sachant qu'il est habituellement proposé à 60€ en direct. Nous trouvons dans la soirée un chauffeur qui accepte pour 70€ (et on négocie peu par manque de temps) avec un départ à 7h30 le lendemain. C'est à cette occasion qu'il nous présente un peu sa ville, ses habitants et les lieux caractéristiques qu'il nous fait d'ailleurs visiter avant de prendre la direction de l'autoroute. Cela bouchonne un peu à l'entrée de Catane mais nous arrivons finalement à 8h30 devant l'aéroport. Le mot de la fin revient à notre chauffeur (qui avait vraiment l'air fatigué il faut dire) et qui, en arrivant devant les bretelles « Départ / Arrivée » de l'aéroport nous pose la question de savoir laquelle il prend … Nous avons quitté ce pays avec le sourire, et des paysages splendides dans la tête !

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