Carnet de route : La Syrie - 2010

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Musique : Yannick Noah - CHARANGO
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LE RECIT DE NOTRE PERIPLE ...

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Prologue

Ce voyage est un peu particulier par rapport aux précédents, dans le sens où il a été réalisé avec un groupe, en circuit organisé et donc sans avoir quoi que ce soit à faire au préalable ! Mais il faut dire que La Syrie est un pays qui ne se prête pas forcément bien au voyage "à l'aventure", ce qui est d'autant plus vrai que rien ne laissait prévoir, en octobre 2010, le soulèvement de la population et la répression sanglante qui a suivie en Mars 2011 ... Certains commentaires pourraient paraître malvenus au vu de cette situation mais n'oubliez pas que ce n'est qu'un carnet de route qui reflète nos sentiments de l'époque ...

« Je comprends que les traditions arabes placent à Damas le site du Paradis perdu : aucun lieu de la Terre ne rappelle mieux l'Éden […] c'est une de ces villes écrites par le doigt de Dieu sur la Terre. » Alphonse de Lamartine.

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Vendredi 08 octobre au Samedi 09 octobre

Nantes => Paris => Damas

Nous devons prendre un vol régulier d'Air France à Paris à 13h40. Comme dans de nombreux autres voyages, cela passe par un transfert la veille sur l'aéroport de Roissy (via la SNCF). Arrivée sur l'aéroport international de Damas à 19h10, où les formalités douanières consistent à montrer le passeport et remplir un visa d'entrée dans le pays (disponible dans l'aéroport). Puis en route pour le Carlton (oui, on ne s'est pas moqué de nous pour les logements, j'en conviens ...) distant d'une trentaine de kms. Bien que la route soit en bon état, voir le comportement des automobilistes (pas de feux, queues de poissons, doublent de tous côtés ...) nous fait déjà apprécier le fait de ne pas avoir à conduire à peine arrivés dans le pays. Un siècle et demi après la visite du poète français, Damas suscite toujours l'admiration. Dominée par le Mont Quassioun, la capitale s'étire le long d'artères spacieuses, gagnant toujours du terrain sur la célèbre Ghouta, l'oasis de Damas. C'est la vieille ville, enserrée dans ses murs, qui a su préserver l'image orientale de la capitale. Ses souks vivants sont parsemés de mosquées, de caravansérails, d'écoles coraniques et de tombeaux prestigieux. Le visiteur s'y promène tous sens en éveil, entre les parfums des souks Bistouri, les couleurs des étoffes du souk Hamidiyé et l'appel à la prière des trois muezzins de la mosquée des Omeyyades. Ce secteur animé s'oppose aux quartiers résidentiels de la vieille ville où il fait bon flâner à l'ombre de ses ruelles, prendre un thé à l'une de ses terrasses en s'essayant au narghilé … Diner à l'hôtel, présentation de notre groupe (26 personnes) ainsi que de notre guide, Hausman, et notre chauffeur pour toute la durée du séjour.

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Dimanche 10 octobre

Damas - Bosra

Départ le lendemain (dimanche) pour une visite du musée national de Damas, qui abrite la plus riche collection archéologique de Syrie et constitue une remarquable introduction à un voyage de découverte du pays. Ses inestimables collections offrent un panorama quasi complet de la Syrie, de l'Antiquité aux Ottomans. On y trouve des tableaux d'information en français sur les nombreuses fouilles en cours, auxquelles travaillent ensemble des équipes syriennes et européennes. Divisé en 4 ailes (dont une fermée pour rénovation), le musée donne une idée de l'importance qu'a connue la Syrie au cours des différentes époques, le berceau de l'humanité étant situé dans cette région. L'empire Ottoman a signé le début de son déclin et nous arrivons après dans la période coloniale jusqu'à son indépendance. De nombreux vestiges attestent de l'importance des fouilles pratiquées dans le pays, et également du patrimoine extrêmement riche que recèle le pays. Beaucoup de touristes dans les différentes salles, la visite est assez "fouillie" mais est très intéressante avant de démarrer notre périple. Départ avant midi pour Bosra (à 150 kms de Damas), et premiers paysages découverts : le climat semble assez aride, les constructions sont vieillissantes et les mosquées sont omniprésentes. Les oliviers (la Syrie est le 6ème producteur mondial) et les pistachiers sont de tous côtés le long des routes. Plus nous nous éloignons de Damas, et plus les constructions sont espacées ... mais les militaires sont assez présents en revanche. En plein pays druze, Bosra est moins connue que d'autres grandes cités antiques du proche orient, la ville possède pourtant un patrimoine extrêmement varié depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen-âge. Bosra résume à elle-seule la riche histoire de la Syrie : arc nabatéen, thermes romains, cathédrales et palais byzantins, citadelle ayoubidde, mosquées, immenses réservoirs … Prés de trente monuments dignes d'intérêt sont dénombrés, même la cathédrale aurait servie de modèle à Sainte Sophie de Constantinople en Turquie (Istanbul). La citadelle est un chef d'œuvre d'art militaire arabe et le hammam Manjak est un exemple très élaboré de bain mamelouk. Une constante dans ces constructions, le basalte noir qui se détache en été sur les champs dorés par le soleil. A l'intérêt architectural s'ajoute la présence des Druzes installés depuis le 19ème siècle dans les ruines de Bosra. Un important plan de relogement est prévu à Bosra pour loger dans les meilleures conditions les habitants des vieux quartiers. Les archéologues seront sans doute eux aussi contents, leur champ d'investigation n'en sera que plus large. Bosra a été la première ville conquise par les armées arabes en 635, son histoire est aussi importante que celle de Pétra en Jordanie à l'époque de l'occupation romaine. Une importante communauté chrétienne vivait également à Basra à la fin de l'Empire. Aujourd'hui, il reste très peu d'habitants dans la cité et la majeure partie de la population habite à l'extérieur. Bien évidemment, il y a pas mal de marchands de souvenirs (housses de coussins, sacs et autres bibelots) mais ils ne sont pas agressifs ou trop pesants. Quelques enfants se prêtent bien volontiers aux photos souvenirs et posent des questions en anglais principalement. Joyau de l'archéologie syrienne, le théâtre romain a pour écrin d'importantes fortifications. Derrière les hauts murs sombres et abrupts de la citadelle, il est difficile de deviner qu'un tel monument antique subsiste encore. C'est pourtant sa transformation en fortin qui l'a sauvé. Après la conquête musulmane, le théâtre change de fonction et devient le cœurd'une citadelle, cette entreprise fut poursuivie sous la dynastie des Fatimides et achevée par les Ayyoubides au 13ème siècle. L'enceinte épouse la forme hémisphérique du théâtre. Elle est renforcée par neuf tours. L'hémicycle du théâtre fut édifié au 2ème siècle après JC, il pouvait accueillir jusqu'à 8000 spectateurs, la vue est impressionnante avec ces rangées de gradins. Étonnante unité de cette architecture romaine dans le monde, le théâtre qui ressemble le plus à celui de Bosra est … celui d'Orange dans le Vaucluse. Le ciel est couvert et nous retournons sur Damas sous un ciel chargé de nuages.

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Lundi 11 Octobre

Damas => Palmyre

Départ en car pour Palmyre. Arrêt en cours de route au Bagdad Café, appelé ainsi parce que la route mène à Bagdad et en mémoire du film du même nom (il en existe 66 sur cette route, une chaine en somme ;op). Le Bagdad café offre une étape agréable pour se reposer de la route quelque peu monotone, et se rafraîchir avant d'arriver à Palmyre. Il est construit avec les matériaux locaux et un goût certain, et permet de se faire une idée de la vie des habitants du désert syrien. Au cœur de la steppe, Palmyre, la Reine du désert, exhale un parfum de légende. Parfum d'aventures et de mystères, évocation des caravanes chargées d'épices et de soie ; parfum de femmes aussi, celui de la fière Zénobie, souveraine arabe qui osa défier l'empire romain, ou encore celui de Lady Esther Stanhope qui, au début du 19ème siècle, se fit couronner reine de l'oasis par une assemblée de plusieurs milliers de bédouins. Vers l'Ouest et le Nord, Palmyre se protège contre le flanc des montagnes hautes de 9000m. Au Sud, les longues palmes vertes de ses dattiers forment un rempart contre l'immensité du désert. Des dizaines de milliers de palmiers, d'oliviers et autres grenadiers servent d'écrin verdoyant à cette ancienne cité caravanière dont le désert fit la fortune et la renommée. Arrivée vers 12h30 sur Palmyre (soit 4h de route compris notre pause), sous une température encore supportable -28°- mais les paysage alentours témoignent de la rudesse du climat et de la sécheresse qui existe dans ce coin. A noter par ailleurs que Palmyre s'est construit autour d'un oasis, et que son nom signifie Palmier en syrien. Déjeuner à l'hôtel Dedeman où nous passerons la nuit, avant d'aller visiter la ville.
La Grande Colonnade : c'était l'avenue principale de la ville. Sur prés de 1200m, chacune des colonnes portait une console soutenant la statue en bronze d'un personnage en bronze que Palmyre entendait honorer. Sous les portiques, en partie dallés, ouvraient des boutiques. Les édifices publiques se trouvaient de part et d'autre de cette voie monumentale. Le Tetrapyle : situé au milieu de la Grande Colonnade, au centre d'une place ovale, il marque la cassure de l'axe de la colonnade. Il est composé de quatre socles portant chacun quatre colonnes en granit rose à l'origine. Chacun de ces édifices renfermait alors une statue. Le Temple de Bel : dédié au Dieu national palmyrénien, c'est l'un des édifices les mieux conservés de Palmyre. La demeure du Dieu s'élevait au centre de l'esplanade, en partie dallée. Le Temple de Nébo : Nébo, divinité d'origine mésopotamienne, était le Dieu des oracles et de la sagesse. Le temple (fin du 1er siècle) s'élevait au centre d'un enclos sacré délimité par une enceinte trapézoïdale. Le Temple de Baalshamin : le Dieu Baalshamin, maître des cieux, dispensateur de la pluie et donc de la vie pour les habitants du désert est, pour les palmyréniens, l'image du dieu suprême. Le temple fût transformé en église au 5ème siècle, ce qui lui valut d'être parfaitement conservé, à l'exception du toit. Au fond du sanctuaire, des colonnes et des niches autour d'une exèdre centrale abritaient les bas-reliefs représentant le Dieu. Les termes : 4 hautes colonnes de granit rose d'Assouan signalent l'entrée des termes. En s'avançant parmi les ruines, on arrive à un beau bassin central entouré autrefois d'une colonnade. Plus lion, dans les différentes salles de termes, on peut reconnaître les hypocaustes de la salle chaude. La vallée des tombes : tombes en tours et tombes souterraines, les palmyréniens se faisaient inhumer en famille, dans des caveaux souterrains, des hypogées ou des tours funéraires. Il en existe près de 400 autour de la ville, encore inexplorées pour la plupart. Le fondateur de la lignée trônait au fond de la salle, représentait allongé en compagnie de sa femme et de ses enfants. Ses descendants étaient exposés de part et d'autre, dans des casiers fermés par leur buste funéraire. Le musée archéologique : à travers les statues et les nombreux reliefs découverts sur le site, ce musée donne un excellent aperçu de l'art, des croyances, des activités et du mode de vie des palmyréniens. Devant l'entrée siège un lion monumental (fin du 1er siècle avant JC) provenant du temple de la déesse Allat, qui se trouvait à l'entrée de la colonnade transversale.
Le soir, il est prévu un diner bédouin sous tente avec folklore uniquement pour notre groupe, ce qui est plutôt agréable. Plusieurs danseurs et musiciens mettent l'animation, et invitent volontiers les convives (et plus particulièrement les dames) à se joindre à eux. Le repas est agréable, avec un assortiment de crudités en entrée, agneau accompagné de riz puis gâteau au miel pour terminer. Notre guide nous a dégotté quelques bouteilles de vins pour accompagner le repas, je rappelle en effet que l'alcool est interdit dans le pays. Normalement ... Retour à l'hôtel en longeant le site archéologique, mis en valeur avec un éclairage indirect de quelques monuments.

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Mardi 12 octobre à Mercredi 13 octobre

Palmyre => Alep

Départ pour Alep tôt le matin (8h00) afin de parcourir les 400 km qui nous séparent depuis Palmyre. Vers 10h, nous sommes aux alentours de Homs, qui est pour les syriens l'équivalent des Belges pour les Français ... Le désert laisse peu à peu la place à la végétation, et de nombreuses plantations d'arbres et oliviers apparaissent le long de la route. Les abords (des villes comme des routes) sont sales, avec des sacs ou bouteilles plastiques qui sont laissés sur place. Le tri des déchets est une affaire de riche, si l'on en croit la population ... Peu après 11h, nous avons atteint
Hama renommée pour ses norias (immenses roues à eau). En plein cœur de Hama, sur une boucle de l'Oronte, s'élève le gémissement des norias qui depuis des siècles appartiennent au paysage sonore de la ville. Les norias sont indissociables du paysage urbain ; 17 sont encore visibles aujourd'hui, faisant la fierté des habitants de la ville. C'est le frottement de l'arbre central de la noria sur les deux coussinets de bois su lesquels elle repose qui en produit le grincement caractéristique. Chacune d'elles possède un son propre, sa « voix », dont la seule écoute permet aux spécialistes de diagnostiquer son état. Les vestiges du massacre de 20 à 30 000 habitants sont encore visibles, suite à une insurrection manquée contre le président de l'époque. Avant de déjeuner dans un restaurant du coin, nous faisons le bonheur des écoliers qui, à la sortie de leur école, sont ravis de pouvoir échanger quelques mots avec nous et se faire prendre en photo à nos côtés. Reprise de notre route pour visiter le site archéologique d'Apamea : dominant la plaine du Ghab, le site antique d'Apamée est, avec celui de Palmyre, l'un des plus beaux de Syrie. Un de ses plus beaux monuments, la Grande Colonnade, épine dorsale de la ville dont les quatre cents colonnes (400 !) donnent une idée de ce qui fut une des plus belles avenues du monde antique. L'occasion de visiter les remparts et l'ancienne cité, mais la citadelle n'est pas accessible au public. Puis nous repartons en direction de Ebla, la plus ancienne capitale syrienne, découverte au milieu du 20ème siècle. Six palais ont été dégagés à Ebla : le petit palais Perse (5ème siècle av. JC), le palais Nord, le palais occidental et le palais de l'Acropole, tous trois de la dernière période du site (1800-1600 av. JC), le palais archaïque, immédiatement antérieur (2100 av. JC) et enfin le palais Royal, présagornique (2400-2300 av. JC). Pour les préserver des intempéries, les fragiles murs en brique crue des bâtiments récemment dégagés sont régulièrement recouverts d'un enduit à base de chaux et de paille réalisé selon une technique proche de celle de l'antique. Les trouvailles faites dans le palais royal indiquent qu'ils étaient richement décorés de panneaux de marqueterie. Grâce aux 17000 tablettes des archives royales trouvées sur le site, on sait aujourd'hui qu'Ebla avait établi des relations commerciales et diplomatiques avec les plus grands royaumes de l'époque. C'est peu de dire que cette région représente un énorme intérêt pour les archéologues, tant syriens qu'étrangers (principalement européens). Arrivée à Alep en début de soirée. Peu de villes du Proche Orient peuvent se vanter de présenter le même intérêt architectural que la ville d'Alep. Du 12ème siècle à l'époque ottomane, chaque siècle y a laissé sa marque : khans, mosquées, écoles ou hôpitaux imbriqués dans les souks … Comme à Damas, la ville musulmane s'est établie sur la cité antique, qui occupait un espace carré de 1500m de côté. Depuis l'indépendance, Alep entend se poser comme la capitale du nord du pays, plus moderne et plus tournée vers l'occident que Damas l'Orientale, sa vieille rivale. Nous profitons du reste de la soirée pour nous remettre de ce long périple autour de la piscine du Sheraton Alepo où nous resterons deux nuits.
La journée du lendemain est consacrée à la visite de la ville. Nous commençons avec la citadelle du 12ème siècle qui est un véritable chef d'œuvre de l'art militaire médiéval. Entreprise à partir de 1210, cette citadelle est l'œuvre de Malik az Zahir Ghazi, un des 17 enfants de Saladin. Au pied de la colline, il fit creuser un impressionnant fossé et maçonner entièrement les flancs de l'acropole. Au-delà du bastion avancé, il fallait emprunter un pont d'une assez forte déclivité, sous les tirs des défenseurs en position derrière leurs meurtrières et dans les bretèches de la puissante tour qui garde l'entrée. La première porte à conservée ses vantaux du 13ème siècle, ornés de motifs en fer forgé en fer à cheval, au dessus desquels figures deux serpents entrelacés. Nous poursuivons avec la splendide mosquée des Omeyyades remonte au calife omeyyade Souleiman (715-717) qui voulait dépasser en grandeur les réalisations de son prédécesseur et frère al-Walid, le bâtisseur de la mosquée de Damas. L'élément le plus remarquable est le minaret sous la domination seldjoukide (11ème siècle). La salle de prière laisse apparaître la pierre nue de ses piliers massifs qui séparent les trois travées. A côté de mihrab, beau minbar du 15ème siècle ; à gauche, une grille de cuivre protège les reliques de Zacharie, le père de Saint Jean Baptiste, qui sont l'objet d'une intense vénération populaire. Promenade à pied dans le quartier chrétien de Jdaydeh, du 17ème siècle, qui représente le premier quartier construit extra-muros lorsque la ville devint trop exigüe pour ses habitants. Le quartier chrétien d'Alep est en ébullition : depuis les années 60, on réhabilite à tour de bras d'anciennes demeures pour les transformer en hôtels, bars de nuits ou restaurants. Cet engouement à du bon : ce regain d'animation donne aux vieux palais condamnés à la décrépitude une nouvelle jeunesse. Au hasard des ruelles du quartier, nous découvrons ces belles demeures, dont l'une abrite le musée des Arts et Traditions populaires, ainsi que des églises des différentes confessions. Nous déjeunons dans le coin avant de passer l'après-midi dans le souk de la médina avec ses 20000 boutiques. Ces souks n'ont pratiquement pas changés depuis le 12ème siècle : ici les épices odorantes et colorées, plus loin l'éclat de l'or, le chatoiement des étoffes, le velouté des tapis … un labyrinthe d'allées à l'atmosphère mystérieuse et envoûtante. Sous leurs voûtes, la même foule se presse depuis 8 siècles dans les allées étroites : bédouins des steppes orientales, ou ruraux des alentours venus acheter toiles noires en poils de chèvre, ustensiles de cuisine, tissu, or … et ce sont toujours des ânes qui assurent seuls l'approvisionnement des boutiques en se frayant un chemin aux cris rauques de leurs guides. L'occasion de nouveau d'échanger avec quelques vendeurs ou habitants, ne serait-ce que pour négocier les prix : en effet, vous pouvez facilement diviser par 3 le prix proposé. Mais tout cela se fait toujours avec le sourire, et pas de problème si vous n'achetez pas au bout du compte. Et nous en profitons également pour faire le plein d'épices, entre autres : coriandre, gingembre, safran d'Iran, paprika, curry ... Nous croisons beaucoup de touristes (en grande majorité français semble-t-il).. Nous revenons à pied à l'hôtel, n'ayant pas trouvé de taxi qui propose un prix "décent" (sur la base du prix indiqué par notre guide) pour nous y ramener. Plongeon dans la piscine avant de prendre le dîner dans l'hôtel, excellent et varié comme à chaque fois.

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Jeudi 14 octobre

Alep => Lattakia

Nous partons le lendemain matin vers 8h00, pour Lattakia, avec un premier arrêt à Saint Siméon, pour une visite de la cathédrale byzantine construite au 5ème siècle. L'histoire du site est étroitement liée à la vie de Saint Siméon naquit vers 389 entre Syrie et Cilicie. Dés l'enfance, il fût touché par la grâce en écoutant la parole de l'Évangile, et sa vie ne fut plus que dépouillement, retraites dans les couvents jusqu'à 417 lorsqu'il s'installa définitivement sur sa colonne. Une façon de se rapprocher du ciel qui valut à Siméon une grande renommée. En effet, loin d'être solitaire, cet ermite accordait du matin au soir, avec douceur et bienveillance, des audiences aux pèlerins venus le voir. A sa mort, en 459, sa dépouille fut conduite en grande pompe jusqu'à Antioche. C'est sans doute à l'empereur byzantin Zénon que l'on doit la construction du martyrium à la fin du 5ème siècle. Cet ensemble unique, le « joyau archéologique » de la Syrie centrale, combine trois types architecturaux : l'octogone, inscrit dans un carré au centre duquel s'élevait la colonne dont on voit encore le moignon, la basilique à trois nefs, et la croix que dessine l'ensemble. La route se poursuit aux environs des montagnes turques, nous montons alors jusqu'à 1200m d'altitude. Le paysage prend un visage plus méditerranéen, et la température chute de plus de 7°.. Pour preuve, la pluviométrie qui est de 1200 mm dans ce coin, alors qu'elle n'est que de 300 mm sur Damas, et 100 mm sur Palmyre. Après déjeuner dans un restaurant à sa proximité, nous allons visiter le château de Saladin (ou château de Saône), une forteresse énorme construite par les croisés. La route est étroite et nous échangeons - provisoirement - notre car contre 3 minibus. Les byzantins, lors de leur reconquête de la Syrie au 10ème siècle, avaient édifiés, à un carrefour de voies de communication, une citadelle qui passa aux mains du « maître de Sahyoun » dès le début de la croisade en 1108. Robert de Saône, puis son fils Guillaume, élevèrent alors le château actuel entre 1108 et 1132 sans ajout postérieur, ce qui en fait un pur exemple de l'architecture militaire de la première moitié du 12ème siècle. Le château resta la propriété de cette famille jusqu'à sa prise par Saladin. Les musulmans occupèrent alors la place qui abrita bien vite une mosquée et un bain. Il s'y développa une petite agglomération, abandonnée peu avant l'arrivée des Ottomans au 16ème siècle. Nous repartons en direction de la mer Méditerranée et Lattakia, ville moderne et dynamique qui est un des plus grands ports de la Syrie contemporaine. De la ville ancienne, il ne reste que quelques colonnes qui ont été redressées de place en place. Le plus grand intérêt de la ville, c'est sa position stratégique vers des lieux passionnants de découvertes … et la possibilité de prendre un bain dans la Méditerranée ! Station balnéaire renommée et recherchée, de nombreux hôtels clubs et résidences secondaires sont apparus au cours des dernières années. Pour notre part, nous logerons à l'AFAMIA ROTANA, superbe hôtel 5* implanté en bord de mer avec ses piscines (naturelles ou non), son hall luxueux et ses studios et appartements isolés..

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Vendredi 15 octobre au Samedi 16 octobre

Latakkia => Damas

Départ vers Tartous, station balnéaire riche de son brillant passé médiéval. A noter que ce vendredi est une journée sainte, et que personne ne travaille, même les souks sont fermés ... Pendant les croisades, Tartous fut le principal port des Francs et la plus grande place forte des templiers. Les murailles de la citadelle sont toujours debout, tout comme la cathédrale, une des merveilles de l'architecture française en Terre Sainte. La vieille ville est assez pittoresque, avec ses ruelles, ses passages voûtés, ses escaliers et ses maisons qui se sont imbriqués au cours des siècles dans les anciens édifices, son port de pêche et son petit front de mer – la « corniche », avec ses cafés et restaurants où on peut déguster les poissons vendus au marché tout proche Hélas, ce ne sera pas le cas pour nous qui devons reprendre la route en direction du Krak des Chevaliers La route est assez verdoyante (au regard des paysages traversés précédemment), mais les abords restent toujours très sales. Et on remarque plusieurs camps de réfugiés à proximité des grandes villes. Le Président fait, semble-t-il des efforts pour améliorer la qualité de vie de ses compatriotes, mais le retard qu'ils ont pris par rapport à d'autres pays (hygiène, construction, réseaux, infrastructures ...) ne pourra être rattrapé en quelques mois. Après déjeuner, direction le Krak des chevaliers. Cette forteresse croisée est la plus belle et la mieux conservée du Moyen Orient. A l'origine du Krak, un fortin musulman où l'Émir de Homs plaça une garnison en 1031. Sur le chemin de Jérusalem, les croisés enlèvent la forteresse aux musulmans et, 10 ans plus tard, les Francs s'y installent de façon permanente. Dominant la vallée de l'Oronte, le Krak contrôle une position éminemment stratégique et, en 1142, elle est confiée au puissant ordre militaire des Hospitaliers qui vont faire de la citadelle le chef d'œuvre de l'art militaire franc en Orient. Avec ses trois donjons opposés au côté le plus vulnérable donnant de plain-pied sur le rebord montagneux et ses deux murs d'enceinte, il présente aux assaillants une masse compacte et ramassée où chaque élément défensif est sous le contrôle d'un autre. Le Krak abritait une garnison de 2000 hommes, ce qui imposa l'aménagement des lieux sur plusieurs niveaux, étages et sous-sols, où s'entassaient hommes, bêtes et des quantités prodigieuses de provisions. Sur une tour des remparts extérieurs se dressait un moulin à vent au-dessus d'une aire à battre. L'eau provenait de puits et de citernes et, pour les bêtes, un bassin alimenté par un aqueduc et par les eaux de ruissellement. Aux pieds du château s'étend une plaine, toujours cultivée aujourd'hui. Les paysans grimpaient avec leurs bêtes la longue rampe d'accès au château pour y apporter le fruit de leurs récoltes. Ce n'est qu'en 1271, dans les dernières années de la présence franque en Terre Sainte, que le sultan Baybars put enlever la place. Les musulmans y effectuèrent les derniers travaux de fortification mais, avec la chute de Saint Jean d'Acre en 1291 et la disparition de la menace franque en Syrie et Palestine, la citadelle, devenue inutile, sombra rapidement dans l'oubli. Nous nous arrêtons quelque temps après à Maaloula, petit village à 1650m d'altitude. Ce site ne manque pas de charme, avec un amphithéâtre de maisons aux tons pastel accrochés au flanc des collines et de très anciens monastères. Un des principaux centres d'intérêt est le couvent de Sainte Thècle : occupé par des sœurs de rite orthodoxe, il est construit sur une petite terrasse au pied de la grotte où Sainte Thècle vécut en ermite. Sous la grotte, qui est le but de pèlerinage de nombreux croyants, jaillit toujours la source où se désaltéra la sainte : elle possède, dit-on, de nombreuses vertus miraculeuses, notamment celle de guérir les rhumatismes. La sainte repose dans la petite chapelle creusée à droite de la grotte, d'où l'on a une très belle vue sur le village. Un peu plus loin se trouve le couvent de Saint Serge : de rite grec catholique, il passe pour le plus ancien de la région – il aurait été fondé à l'époque de Constantin. La charpente est soutenue par de puissantes poutres dont le bois aurait été coupé voilà 2000 ans … L'intérieur est d'une grande simplicité : on peut y voir des icônes des 18 et 19ème siècles, œuvres de Michel de Crète : un Christ en Majesté, une Vierge à l'Enfant, Saint Serge et son compagnon Saint Bacchus. Également deux icônes polonaises du 17ème siècle de la fameuse école Syrienne. Arrivée et diner à l'hôtel Queen Center Arjaan où nous passerons nos deux dernières nuits sur Damas.

La journée du lendemain est consacrée à visiter Damas, les vieux quartiers, ses boutiques et ses (nombreux) souks. Le souk Bzourizé est un enchantement pour les amateurs d'épices et de confiseries. Les arômes de thym moulu ou de gingembre se mêlent aux senteurs des poivres et du curry, tous vendus au poids. On y trouve également des boutons de roses, de la camomille, des mélanges de fleurs qui côtoient les nougats à la pistache et autres fruits confits ou dragées … Le souk Midhat Pacha débute par les marchands de couleurs et les officines où s'approvisionnent les guérisseurs de la médecine traditionnelle. Les devantures des échoppes sont encombrées de carapaces de tortues, de reptiles séchés et d'éponges, paraît d'on ne sait quelle vertu … A deux pas, les torréfacteurs moulent le café avant de lui additionner de la cardamone selon le goût du client. Sous la voûte métallique, on trouve les fruits et les légumes de la Ghouta : pistaches et fruits secs se dressent en imposantes pyramides colorées dans leurs couffins d'osier. Le souk al-Harir (souk de la soie) propose étoffes, broderies et parfums. Le souk Assagha correspond à la rue des orfèvres, où les commerçants sont en majorité chrétiens. A l'intérieur de minuscules boutiques ruisselant d'or, une balance trône sur le comptoir : c'est au poids que s'évalue le prix d'un article. Il est impossible de quitter Damas sans avoir visité la Mosquée des Ommeyades (ou Grande Mosquée) : elle est l'une des plus vénérée de l'Islam. Commencée en 705 sous Walid 1er, elle fut dès son achèvement en 715 considérée comme une des merveilles du monde. Les murs des portiques de la cour étaient tapissés de superbes mosaïques à fond or. L'influence byzantine est certaine tant dans l'architecture que dans la décoration, mais l'intérieur est adapté aux exigences du culte musulman. Elle est dominée par trois minarets ; celui du S.E., appelé minaret de Jésus, est particulièrement considéré : selon la tradition, c'est par là que Jésus descendra sur Terre au jour du jugement dernier pour combattre l'Antéchrist. La cour, vaste quadrilatère, sert tout autant de prolongement de la salle des prières que de véritable place publique. Elle est bordée sur trois côtés de portiques à colonnes et piliers ; à l'origine, les murs étaient entièrement plaqués de marbres et décorés de mosaïques en cubes de verre, les chapiteaux des colonnes étincelants d'un placage d'or. La salle des prières, immense salle rectangulaire (136m de long), couverte de tapis, est baignée d'une lumière tamisée qui entre par de multiples fenêtres ; le mur sud de la salle est décoré de marbres polychromes d'une grande variété. A proximité se situe le tombeau de Saladin : c'est dans ce modeste édifice, construit à l'ombre de la grande mosquée, que repose l'un des plus grands hommes de guerre de l'Islam. Il réussit en effet à réunir sous sa bannière tous les musulmans contre les croisés, auxquels il reprit Jérusalem suite à la victoire de Hattin. Bien que peu connu, le Palais Azem (Musée National des Arts et Traditions Populaires) mérite le coup d'oeil : au cœur du brouhaha des souks, il représente un havre de calme, de verdure et de fraîcheur. C'est le plus vaste des 150 palais que comptait la ville au début du 13ème siècle. Depuis son rachat par l'État Syrien en 1952, il abrite des collections ethnographiques présentées au travers des scènes de la vie quotidienne, reconstituées avec des mannequins de cire. Mais le véritable intérêt réside dans l'architecture et la décoration : pavillons élégants aux façades ouvragées, cours plantée de citronniers, de cédratiers et de myrtes, embaumés par le jasmin et le chèvrefeuille, intérieurs richement décorés de marbres, de bois peints et de stucs … Au cours de nos pérégrinations, nous empruntons à plusieurs reprises la via Recta : « Va dans la rue droite et demande dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse. » Depuis l'époque romaine où, sous le nom de via Recta, elle formait le decumanus de la ville, le rue principale de Damas traverse la ville sur une longueur de 1300 mètres. A l'Ouest, c'est aujourd'hui le souk de Midhat Pacha ; à l'Est, c'est la rue Bab Shaqui qui se termine par l'ancienne porte romaine du même nom, entièrement conservée. Parmi les curiosités à visiter, citons également la Chapelle Saint Ananie : cette petite chapelle aurait été érigée dans le mur de Damas, à l'emplacement de la maison où Saint Paul recouvra la vue et fut baptisé. On voit aujourd'hui une crypte qui engloberait une partie de la demeure antique. Dans la salle de droite, une série de chromos relate la vie de Saint Paul. Enfin, pour ceux qui s'intéressent à l'architecture, Bab Kissan (porte Saint Paul) et les fenêtres de Saint Paul : l'édifice marque le lieu où le saint, aidé de ses disciples, aurait quitté la ville dans un panier descendu par une fenêtre pour échapper aux juifs. Bab Sharqui, la porte du soleil des romains vaut le détour : située à l'extrémité de la rue Droite, elle formait l'issue Nord du décumanus de la ville antique. Avec l'esplanade qui la précède, elle a retrouvée son ampleur originelle : une ouverture centrale, sur la chaussée, servait aux chars et aux cavaliers ; les deux baies latérales ouvrent sur les trottoirs abrités par les portiques. Le minaret fut construit sous le règne de Nour ed-Din. Entre Bab Sharqui et Bab Kissan, on peut voir le sous-bassement de muraille romaine construite en gros blocs. Les gens sont trés accueillants et n'hésitent pas à nous renseigner, ou tout simplement à nous aborder pour nous poser quelques questions, et tout cela sans arrière pensée.

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Dimanche 17 octobre

Damas => Paris => Nantes

Retour tôt le matin sur Paris avec le vol régulier direct Air France. Pas de problème particulier pour quitter le pays, et vol sans encombre jusqu'à Paris. A noter que, arrivés à destination, nous ne pouvons que constater qu'une nouvelle grève a éclaté en France et la SNCF n'est pas la dernière à la suivre ... Ainsi donc, notre train est supprimé, aucune place dans le prochain (qui n'est pas confirmé pour autant), et on nous précise qu'il y aura peu de chance de trouver plus de places en allant sur Montparnasse. Aussi, nous louons une voiture à 4 (avec le plein qui plus est, compte tenu que les grèves touchent aussi les stations carburants) et la route se révèle plutôt agréable et surtout dégagée. Autrement dit, nous ne subissons pas trop mal cette dernière péripétie, mais le remboursement des billets sera une autre affaire ...

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Epilogue

La Syrie est un pays qui recèle énormément de richesses au point de vue du patrimoine mondial. Les différents sites visités donnent un aperçu des réalisations de l'Homme au cours des siècles, et reflète la grandeur et la décadence des civilisations qui se sont succédées dans cette contrée. Pour le peu que nous avons côtoyés, les gens étaient charmants et accueillants, et curieux de notre pays et notre mode de vie. Comme nous l'avons dit au début de ce carnet, rien ne laissé présager une telle révolte et la répression sanglante qui a suivie. Pour terminer, bien que plutôt "récalcitrants" à ce type de voyage (parcours préparé, voyage en car, groupe de touristes avec son guide ...) il est clair que nous n'aurions sans doute jamais envisagé de visiter la Syrie sans cette opportunité. Visiter le pays par ses propres moyens et sans une bonne logistique préalable est sans aucun doute réalisable, mais il faut compter plus de temps pour circuler, et prévoir un guide au moins pour la visite des sites antiques. Les livres, c'est bien, mais c'est souvent limité et, soyons honnêtes, on saute souvent certains chapitres ;op)

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Quelques prix

Pour commencer, 1 € = 63 LS (Livres Syriennes)

Côté ravitaillement : 1 petite bouteille d'eau = 25 LS ; épices : de 50 à 1 000 LS le kg en fonction de son type ; 1 verre de vin (à l'hôtel) = 400 LS ; 1 repas = 600 LS dans un petit restaurant local (correct) à 1 500 LS (voire plus) dans les hôtels ou restaurants touristiques.

Divers : 1 Timbre = 25 LS ; 1 carte postale = 25 LS ; 1 housse de coussin = 100 LS ; 1 petit sac = 50 LS ; 1 dromadaire = 200 000 LS ; 1 nuit d'hôtel (4 ou 5 étoiles, très bonne qualité) = 6 500 LS ; toilettes = 25 LS ; échiquier = 1 200 LS ; bracelet = 600 LS.

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